L’huile d’olive, l’aloe vera, la vaseline et la salive sont parfois présentés comme des alternatives crédibles au lubrifiant intime. En réalité, ces solutions de fortune s’immiscent comme un grain de sable dans le fonctionnement naturel de votre physiologie, exposant vos muqueuses à d’importants risques d'irritations et de déséquilibre bactérien.
Peut-on vraiment utiliser du lubrifiant maison sur les zones érogènes ? Eh bien, pas vraiment !
Intimité et lubrification : les pièges du fait maison
Appliquer des substances domestiques sur les muqueuses génitales n’est jamais anodin. Elles peuvent provoquer des micro-lésions, perturber l’équilibre de la flore et favoriser les infections. Passons en revue les dangers des "lubrifiants maison" les plus courants.
Les huiles végétales détériorent les préservatifs
Les huiles végétales, comme la coco ou l’olive, affaiblissent le latex et augmentent considérablement le risque de rupture du préservatif. En outre, elles perturbent l’équilibre vaginal et favorisent le développement de mycoses. Une étude publiée dans Obstetrics & Gynecology (Brown JM et al., 2013) montre que l’usage intravaginal d’huiles domestiques est fortement associé à la colonisation par Candida. 44,4 % des femmes utilisant des huiles présentaient une colonisation, contre 5 % chez celles n'en utilisant pas.
Contrairement aux idées reçues, les huiles végétales n’hydratent pas les muqueuses : elles créent un film occlusif qui peut déséquilibrer la flore.
La salive s'évapore vite
La salive contient des bactéries buccales inadaptées à l’environnement génital, perturbant la flore intime et augmentant le risque d’infection, surtout en présence de microfissures. Elle s’évapore rapidement et perd son effet lubrifiant, ne constituant donc pas une solution sûre et durable.
Les crèmes corporelles irritent les muqueuses
Les laits et crèmes pour le corps contiennent parfums, conservateurs et alcools qui peuvent provoquer brûlures, irritations et réactions allergiques sur les muqueuses. Leur innocuité interne n’est pas garantie. Ne transformez donc pas vos crèmes corporelles en lubrifiant.
La vaseline augmente le risque d’infections
Dérivée du pétrole, la vaseline est très persistante et ne s’élimine pas facilement, favorisant les vaginoses. Elle détériore également le latex des préservatifs, augmentant le risque de rupture.
Pourquoi choisir un lubrifiant formulé scientifiquement ?
Un lubrifiant conçu pour un usage intime respecte deux paramètres essentiels : le pH et l’osmolalité.
Le pH
La flore vaginale maintient un pH acide entre 3,8 et 4,5, formant une barrière contre bactéries et levures pathogènes. Un produit inadapté peut fragiliser ce mécanisme.
L’osmolalité
L’osmolalité mesure la concentration de particules dissoutes. Un lubrifiant trop concentré peut extraire l’eau des muqueuses, provoquant sécheresse, irritations et micro-lésions, fragilisant ainsi la barrière naturelle et augmentant le risque d’IST.
Avez-vous déjà dû improviser avec un produit du placard ou préférez-vous la sécurité d'un soin certifié ?