L’Edging : l’art de maitriser son orgasme

L’Edging : l’art de maitriser son orgasme

L'équipe Goliate 5 min de lecture Version .md

L'edging consiste à suspendre l'orgasme juste avant qu'il ne survienne. Accessible aux hommes comme aux femmes, en solo ou en couple, cette pratique a pour objectif d'intensifier l'orgasme tout en prolongeant le rapport sexuel.

Voici comment l'edging est susceptible de transformer votre manière de vivre et de ressentir le plaisir. Prêt à explorer les confins de votre désir ?

À RETENIR

  • L'edging consiste à suspendre la stimulation juste avant l'orgasme, puis à recommencer.
  • Accessible à tous, il reprend des techniques cliniques anciennes comme le "stop-start" de Semans ou le "squeeze" de Masters & Johnson) 
  • L'edging ne doit pas être pratiqué de façon systématique. S'habituer à des niveaux d'excitation très élevés peut rendre les rapports ordinaires moins stimulants.

Qu'est-ce que l'edging ?

L'edging est une pratique sexuelle consistant à arrêter soudainement toute stimulation à l'approche de l'orgasme, puis à recommencer le processus. Elle permet de maintenir l'excitation de la phase préorgasmique sur une longue durée, puis de profiter d'un plaisir plus intense au moment de l'orgasme ou de l'éjaculation.

L'edging renvoie à un terme anglais signifiant « être en bordure », « être en lisière », « être proche du point du non-retour ».

L'utilisation de ce substantif verbal comme terme désignant le contrôle de l'orgasme est récent. Diffusé par les communautés en ligne à partir des années 1990-2000, il vient nommer des techniques déjà décrites cliniquement :

  • La méthode "stop-start" de l'urologue James H. Semans (1956).
  • La technique de compression (ou "squeeze") de Masters & Johnson (années 1970).

Ces dernières ont notamment été utilisées dans le traitement de l'éjaculation précoce.

Comment pratiquer l'edging ?

L'edging peut aussi bien être pratiqué par les femmes que par les hommes :

  • en solo lors d'une séance de masturbation ;
  • en couple lors d'un rapport sexuel. Le retardement du déclenchement de l'orgasme pourra alors concerner les 2 partenaires ou seulement l'un des deux.

Il peut être mis en place lors de pratiques sexuelles variées, comme la fellation, la pénétration vaginale ou anale ou encore le humping. Ses déclinaisons sont infinies, à condition que chaque partenaire soit consentant.

Bon à savoir

Dans les pratiques BDSM, le contrôle de l'orgasme se négocie à l'avance et s'exerce dans deux directions opposées : l'orgasme forcé d'un côté, le déni d'orgasme de l'autre, où l'un des partenaires maintient l'autre dans l'abstinence et la frustration.

Quels sont les bienfaits de l'edging ?

En retardant le plaisir, l'edging transforme l'orgasme en une expérience plus riche et satisfaisante. Cette pratique permet notamment d'intensifier l'orgasme, de prolonger le rapport sexuel et d'explorer en pleine conscience ses sensations corporelles.

Intensifier l'orgasme

Chaque montée vers le point de non-retour accumule de la tension musculaire et de la congestion sanguine dans la zone génitale. En reportant la décharge, on laisse ce niveau d'excitation s'installer à un niveau plus haut et plus longtemps. L'orgasme final est alors décrit comme étant plus long et plus ample. Chez la femme, il est accompagné de contractions plus marquées.

Faire durer le rapport sexuel

L'edging contribue à prolonger la durée du rapport sexuel selon 2 mécanismes :

  • La pratique repose sur un enchaînement de montées et de descentes du plaisir. La répétition de ces cycles étire nécessairement la durée du rapport.
  • L'edging permet d'identifier les sensations qui précèdent l'éjaculation pour intervenir avant qu'elle ne se déclenche. Elle permet donc aux hommes éprouvant des difficultés à retenir leur éjaculation d'intervenir avant le point de non-retour.

Explorer en pleine conscience ses sensations corporelles

L'un des principaux atouts de l'edging réside dans sa capacité à nous reconnecter avec notre corps. En pratiquant l'edging, nous apprenons à écouter et à interpréter les signaux que notre corps nous envoie, augmentant ainsi notre conscience sensorielle. Cette sensibilité accrue nous guide vers une compréhension plus intime de nos désirs et de nos limites, nous permettant d'expérimenter le plaisir d'une manière plus éveillée et consciente.

L'edging : ils en parlent mieux que nous

Les témoignages recueillis en ligne à propos de la technique de l'edging convergent sur plusieurs points.

  • La difficulté est d'identifier le seuil : les débutants le décrivent comme une ligne floue, franchie une fois sur deux au début. Repérer le point de non-retour demande plusieurs séances.
  • Les sensations décrites sont diffuses plutôt que localisées : chaleur dans le bas-ventre, picotements dans l'urètre, tension à la base du pénis, fourmillements qui se propagent aux cuisses et remontent.
  • Les bons gestes à adopter : ralentir la stimulation plutôt que s'arrêter net, contracter volontairement le périnée et les fessiers, maintenir un rythme respiratoire stable, garder l'attention sur les sensations corporelles plutôt que sur des images extérieures.

Bon à savoir

Ces retours sont des expériences individuelles, pas des données cliniques. La réponse sexuelle varie fortement d'une personne à l'autre. Les sensations décrites ici ne constituent ni un objectif ni une norme.

Questions fréquentes sur l'edging

Y a-t-il des risques à pratiquer l'edging ?+
L'edging ne présente pas de risque médical établi. Une pratique très fréquente et prolongée peut en revanche installer un niveau d'excitation élevé comme nouveau point de référence. Les circuits de la récompense s'habituant à des taux de dopamine importants, les rapports sexuels ordinaires peuvent rapidement sembler moins stimulants. Le risque de l'edging n'est pas physique mais comportemental. C'est pourquoi il est recommandé de ne pas le pratiquer de manière systématique.
Quelle est la différence entre l'edging et le gooning ?+
L'edging consiste à retarder l'orgasme pour l'intensifier : c'est une technique au service d'un résultat. Le gooning renverse la logique. Dans cette pratique, l'orgasme n'est plus le but. Ce qui compte est de rester le plus longtemps possible dans un état d'excitation quasi hypnotique, parfois entretenu par un visionnage ininterrompu de contenus pornographiques.
L'edging est-il une pratique BDSM ?+
Non. L'edging est une technique autonome, majoritairement pratiquée en solo ou en couple hors de tout cadre BDSM. Le BDSM l'a simplement intégrée à son répertoire sous le nom de contrôle de l'orgasme, en y ajoutant une dimension de pouvoir : c'est alors le partenaire dominant qui décide du moment de la libération, voire la refuse. La technique est la même, le cadre relationnel diffère.

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