Le grand guide de la masturbation féminine : techniques, bienfaits et accessoires

Le grand guide de la masturbation féminine : techniques, bienfaits et accessoires

L'équipe Goliate Mis à jour le MAJ 14 min de lecture

En 1992, 42 % des Françaises disaient s’être déjà masturbées. Elles étaient 73 % en 2023, selon l’Inserm1. Bien que la masturbation féminine se soit démocratisée, ses différentes techniques restent peu évoquées dans les médias. Il est donc temps de lever le voile sur les mystères entourant la pratique masturbatoire.

Cela tombe bien ! Des études récentes mettent en lumière les pratiques privilégiées par les femmes pour réussir à prendre seule du plaisir.

En résumé
•En 2023, 72,9 % des femmes françaises âgées de 18 à 69 ans se sont déjà masturbées, contre 42,4 % en 1992.
•Les caresses les plus appréciées sont les mouvements de haut en bas sur la vulve et les mouvements circulaires. Trois femmes sur quatre aiment alterner les gestes.
•Le gland du clitoris compte 10 280 fibres nerveuses, selon le premier comptage réalisé sur des tissus humains, en 2023.

La masturbation féminine, est-ce normal ?

La masturbation féminine consiste à parcourir son corps dans le but de se donner du plaisir. Le plus souvent, les caresses s’effectuent au niveau du clitoris et de la vulve, avec les doigts, un objet ou un sextoy.

Cette pratique, totalement normale, est appréciée par une grande majorité des Françaises. En France, 72,9 % des femmes de 18 à 69 ans déclarent l’avoir déjà pratiquée en 2023, contre 56,5 % en 2006 et 42,4 % en 19921. Côté fréquence, les Françaises restent discrètes : seules 14 % disent se masturber « souvent », selon un sondage Ifop réalisé pour ELLE en 2019 auprès de 1 007 femmes2.

Contrairement aux idées reçues :

  • La masturbation n’abîme pas les organes génitaux.
  • Elle ne rend pas non plus « moins sensible » aux caresses d’un ou d’une partenaire.
  • Se faire plaisir en solo n’est pas une trahison envers votre partenaire.

Mais l’inverse est vrai : ne pas avoir envie de se masturber n’a rien d’anormal. Plus d’une femme sur quatre ne l’a d’ailleurs jamais fait !

Les zones à stimuler pendant la masturbation féminine

Pendant la masturbation féminine, la zone érogène la plus fréquemment explorée est le clitoris, et plus précisément son gland. Ce dernier est situé en haut de la vulve, là où se rejoignent les petites lèvres. Mais d’autres zones érogènes réagissent aussi très bien aux caresses.

Pourquoi le clitoris est-il la zone la plus sensible de la vulve ?

L’extrême sensibilité du clitoris s’explique par son nombre considérable de nerfs. Une étude publiée en 2023, la première à les compter sur des tissus humains, y recense 10 280 fibres nerveuses3. Aucun comptage équivalent n’existe encore pour le gland du pénis : la même équipe de l’université de l’Oregon prévoit de le réaliser4.

Illustration de l’anatomie complète du clitoris, avec le gland visible et les deux racines internes qui entourent le vagin

Et le gland du clitoris n’est que la partie émergée de l’organe ! Le reste se prolonge sous la peau, de part et d’autre de l’entrée du vagin. Voilà pourquoi une caresse sur les lèvres ou une pression à l’entrée du vagin peuvent faire autant d’effet. Ces gestes stimulent le clitoris de manière indirecte.

Bon à savoir
Souvent avancé par les médias, le chiffre de « 8 000 terminaisons nerveuses » vient en fait d’études menées sur des animaux3.

Les autres zones érogènes à stimuler

Pendant la masturbation, trois grandes zones érogènes peuvent aussi être stimulées :

  • les grandes et les petites lèvres, sensibles elles-mêmes, mais également reliées au capuchon du clitoris ;
  • l’entrée du vagin, très innervée sur ses premiers centimètres ;
  • le point G, situé sur la paroi avant du vagin, à quelques centimètres de l’entrée.

Chez d’autres personnes, d’autres zones s’avèrent aussi particulièrement sensibles. C’est par exemple le cas des oreilles, des pieds, des seins ou de l’intérieur des cuisses.

Bon à savoir
L’existence du point G reste débattue. Certaines femmes y ressentent un plaisir intense, d’autres rien de particulier. Les deux cas sont courants.

Comment se masturber quand on débute ?

Vous souhaitez vous caresser seule pour la première fois ? Le plus simple est de bien choisir son moment, puis d’avancer à son rythme, sans se forcer.

Femme souriante cachée sous ses draps blancs, dans un lit

Une première séance de masturbation, étape par étape

Lorsque l’on se masturbe, il n’existe aucune règle à appliquer aveuglément. L’essentiel est de prêter attention à vos envies et à votre ressenti. Ces quelques conseils pourraient cependant vous aider :

  • Créer un environnement propice : s’installer dans un endroit calme et intime, fermer la porte, mettre son téléphone en silencieux et prendre un moment pour soi.
  • Stimuler son imagination : se laisser guider par ses pensées, un souvenir agréable, un fantasme ou un texte érotique. Le désir naît souvent dans l’imaginaire.
  • Explorer son corps : prendre le temps d’éveiller ses sensations en effleurant différentes zones, comme le ventre, les seins ou l’intérieur des cuisses.
  • Découvrir sa vulve : commencer par des caresses douces sur les lèvres, puis explorer progressivement la zone du clitoris à travers elles, sans contact direct. Une pointe de lubrifiant dès ce moment apporte plus de confort et prévient les irritations sur cette peau très délicate.
  • Explorer le gland du clitoris : aborder le clitoris par un toucher direct mais léger, en variant les mouvements et le rythme selon les sensations ressenties.

Que faire quand on n’arrive pas à jouir seule ?

Il est fréquent de ne pas parvenir à jouir seule, et cela n’a rien d’inquiétant. Gardez à l’esprit que l’orgasme n’est pas une finalité. L’idée est plutôt d’apprendre à repérer les gestes qui vous donnent le plus de plaisir, sans vous mettre de pression.

Les techniques de masturbation qui donnent le plus de plaisir

Une enquête menée sur un échantillon représentatif de 1 055 Américaines dévoile les techniques les plus couramment utilisées5 :

  • 63,7 % des femmes privilégient le va-et-vient (de haut en bas sur la vulve) ;
  • 51,6 % préfèrent les mouvements circulaires ;
  • 30,6 % choisissent les mouvements de gauche à droite.

L’étude montre également qu’environ trois femmes sur quatre aiment varier les gestes et l’intensité au cours de la stimulation. À l’inverse, 41 % ont une nette préférence pour un style de toucher bien précis. Seules 5 % souhaitent éviter de stimuler le clitoris.

Quelles autres façons de se caresser existe-t-il ?

D’autres approches permettent d’explorer le plaisir sous de nouvelles facettes. Libre à chacune de les tester pour découvrir celles qui lui procurent les sensations les plus agréables :

  • la paume immobile : poser la main bien à plat sur la vulve et imprimer le mouvement avec le bassin plutôt qu’avec les doigts ;
  • le frottement sur le ventre (humping) : s’allonger à plat ventre et venir frotter la zone intime contre un oreiller ferme ou une serviette roulée ;
  • le jeu musculaire : serrer, contracter puis relâcher les cuisses et le plancher pelvien en suivant un rythme régulier ;
  • le jet de douche : orienter l’eau tiède du pommeau vers la vulve, en prenant soin de ne jamais la diriger à l’intérieur du vagin ;
  • la caresse à travers le tissu : stimuler la zone par-dessus les sous-vêtements, une méthode idéale pour atténuer les frottements lorsque le clitoris est particulièrement sensible.

Et la pénétration vaginale ?

Seule, la pénétration mène rarement à l’orgasme. Associée à d’autres gestes, elle gagne en intensité. Une étude menée auprès de 3 017 Américaines en relève plusieurs, faciles à reproduire en solo6. Près de neuf femmes sur dix changent l’angle de leur bassin, par exemple en glissant un coussin sous les fesses. Beaucoup apprécient aussi les mouvements peu profonds, à l’entrée du vagin, ou caressent leur clitoris en même temps. Pour atteindre le point G, le geste du « viens ici » reste le plus simple : un ou deux doigts, paume vers le haut, se replient contre la paroi avant du vagin.

Bon à savoir
Certaines femmes ralentissent volontairement juste avant l’orgasme. Elles lèvent le pied quelques secondes, puis reprennent : selon celles qui le pratiquent, le plaisir dure plus longtemps et gagne en intensité. D’autres, à l’inverse, perdent l’excitation dès l’arrêt.

Lubrifiant, gel stimulant et sextoy : les accessoires pour se masturber

Certains accessoires peuvent enrichir l’expérience masturbatoire en apportant davantage de confort ou de sensations. Le lubrifiant, le gel stimulant et le sextoy répondent chacun à des besoins différents. Leur utilisation reste facultative et dépend des préférences de chacune.

Le lubrifiant intime

Le lubrifiant réduit les frottements et limite les risques d’irritation. Lorsque vous vous masturbez, privilégiez les formules à base d’eau. Très polyvalentes, elles peuvent être utilisées dans l’immense majorité des situations.

Les lubrifiants à base de silicone offrent une lubrification durable, mais ne sont pas toujours compatibles avec les accessoires fabriqués dans cette même matière. En cas de doute, mieux vaut vérifier les recommandations du fabricant du sextoy avant utilisation.

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Bio et à base d’eau, il s’utilise avec les doigts comme avec un sextoy en silicone.

Le gel stimulant clitoridien

Le gel stimulant clitoridien est conçu pour intensifier les sensations au niveau du clitoris. Il s’applique généralement en petite quantité, avant ou pendant les caresses.

Certaines formules contiennent des ingrédients comme la menthe poivrée, qui peuvent produire une sensation de fraîcheur, ou d’autres composants procurant un effet chauffant. Ces sensations varient selon les personnes. Il est préférable de consulter la composition du produit et de faire un essai sur une petite zone de peau avant de l’utiliser.

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Lavande et menthe poivrée pour un effet chaud-froid sur le clitoris.

Le sextoy

Lorsque l’on souhaite grimper aux rideaux, l’utilisation d’un sextoy peut rendre de fidèles services. Dans la pratique, les préférences se concentrent principalement sur trois grandes catégories :

  • l’aspirateur clitoridien : réservé à la stimulation externe, il utilise des pulsations d’air pour stimuler le clitoris par effet d’aspiration, sans frottement agressif ni pénétration ;
  • le vibromasseur : polyvalent, il peut être placé sur le clitoris ou être inséré dans le vagin ;
  • le rabbit : offrant une double stimulation simultanée, il combine une tige pour la pénétration vaginale et une branche vibrante flexible qui vient reposer directement sur le clitoris.
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Les bienfaits réels de la masturbation féminine

Meilleur sommeil, règles moins douloureuses, défenses immunitaires renforcées : la masturbation féminine se voit souvent prêter de nombreux bienfaits. Les données scientifiques confirment surtout son intérêt pour la connaissance de son corps et le plaisir, tandis que d’autres effets restent mal démontrés.

Mieux se connaître pour mieux jouir à deux

Se masturber permet d’identifier les zones, gestes, pressions et rythmes qui procurent du plaisir. Cette connaissance peut ensuite être partagée avec un ou une partenaire, y compris par la masturbation mutuelle, qui consiste à se caresser soi-même en présence de l’autre ou à se toucher réciproquement.

Les données sur l’orgasme montrent l’importance de la stimulation clitoridienne. Dans l’enquête américaine de 2018 déjà citée, 18,4 % des femmes déclaraient atteindre l’orgasme par la pénétration seule. Pour 36,6 % d’entre elles, une stimulation clitoridienne était nécessaire pendant le rapport, et 36 % de plus indiquaient qu’elle rendait leur orgasme plus intense5.

Autrement dit, la masturbation n’est pas seulement une pratique solitaire : elle peut aider à mieux communiquer ses préférences et à rendre les rapports plus satisfaisants.

Sommeil : un effet ressenti, pas encore mesuré

Jambes d’une femme détendue allongée sur des draps blancs

L’orgasme obtenu par masturbation semble associé, chez beaucoup de personnes, à une meilleure perception du sommeil. Une enquête a interrogé 778 adultes, dont 442 femmes. Après un orgasme obtenu en se masturbant, 54,1 % des participants déclaraient une meilleure qualité de sommeil, et 47,4 % un endormissement plus rapide7.

Mais cette étude repose sur des déclarations recueillies par questionnaire, et non sur des mesures objectives du sommeil en laboratoire. Elle ne permet donc pas d’affirmer que la masturbation améliore le sommeil : elle montre surtout qu’une majorité de personnes en perçoivent un bénéfice.

Règles douloureuses : un soulagement possible, mais peu prouvé

Beaucoup de femmes rapportent un soulagement des crampes menstruelles après un orgasme. Une piste existe : dans une petite étude de 1985 menée sur vingt femmes, le seuil de tolérance à la douleur augmentait de 74,6 % pendant l’orgasme obtenu par autostimulation vaginale8. Cette étude ne portait pas sur les règles.

L’étude souvent citée, financée par le fabricant de sextoys Womanizer, portait sur 486 personnes menstruées et rapportait une baisse moyenne de la douleur de 6,7 à 5,4 sur 10 après trois mois9. Ses résultats n’ont pas été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture, et l’existence d’un groupe témoin n’est pas établie. Ils doivent donc être considérés comme indicatifs, non comme une démonstration.

Des douleurs menstruelles importantes, invalidantes ou qui s’aggravent justifient en revanche une consultation médicale, car elles peuvent nécessiter une prise en charge spécifique.

Immunité : pas de preuve solide

L’idée que la masturbation renforcerait les défenses immunitaires est fréquente. Aucune étude solide ne l’établit pourtant chez les femmes. Il est donc plus juste de dire que la masturbation peut contribuer au bien-être et à la détente, plutôt que d’affirmer qu’elle renforce l’immunité.

FAQ

01

À quelle fréquence se masturber ?

Il n’existe aucune fréquence idéale ou recommandée en matière de masturbation. Plusieurs fois par semaine, une fois par mois ou jamais : tous les rythmes sont possibles et compatibles avec une bonne santé sexuelle.

L’essentiel est de se sentir libre dans sa pratique. Le nombre de fois n’est pas un indicateur de problème. En revanche, si la masturbation devient une obligation, provoque une souffrance ou prend une place excessive dans la vie quotidienne, il peut être utile d’en parler à un ou une sexologue.

02

Peut-on se masturber pendant les règles ?

Oui, la masturbation est tout à fait possible pendant les règles. Il n’existe aucune contre-indication particulière, à condition de se sentir à l’aise.

Pour plus de confort, il est possible d’utiliser une serviette de bain afin de protéger les draps ou de pratiquer sous la douche. Si un sextoy est utilisé, il suffit de le nettoyer après chaque utilisation, en suivant les recommandations du fabricant.

03

Comment apaiser une irritation après une séance de masturbation ?

Une irritation liée aux frottements, notamment en l’absence de lubrification suffisante, disparaît généralement après quelques jours de repos. Pendant cette période, il est préférable d’éviter les gestes qui accentuent les frottements et de privilégier une toilette douce, sans produits parfumés.

En cas de sécheresse ou de sensibilité de la vulve, un soin adapté à la zone intime peut contribuer à améliorer le confort.

Si les irritations persistent ou s’accompagnent de démangeaisons, de brûlures ou de pertes inhabituelles, il est recommandé de consulter un professionnel de santé. Ces symptômes peuvent notamment être liés à une mycose ou à une autre infection et nécessitent parfois un traitement spécifique.

Sources

  1. Inserm, ANRS-MIE, « Contexte des sexualités en France en 2023 : premiers résultats de l’enquête CSF-2023 », 13 novembre 2024.
  2. Ifop pour ELLE, « Les Françaises et la masturbation », enquête auprès de 1 007 femmes, février 2019.
  3. Uloko M., Isabey E. P., Peters B. R., « How many nerve fibers innervate the human glans clitoris : a histomorphometric evaluation of the dorsal nerve of the clitoris », Journal of Sexual Medicine, 2023.
  4. Oregon Health & Science University, « More than 10,000 nerve fibers in human clitoris enable pleasurable sensations », communiqué, EurekAlert!, 27 octobre 2022.
  5. Herbenick D., Fu T.-C., Arter J., Sanders S. A., Dodge B., « Women’s Experiences With Genital Touching, Sexual Pleasure, and Orgasm : Results From a U.S. Probability Sample of Women Ages 18 to 94 », Journal of Sex & Marital Therapy, 2018.
  6. Hensel D. J., von Hippel C. D., Lapage C. C., Perkins R. H., « Women’s techniques for making vaginal penetration more pleasurable : Results from a nationally representative study of adult women in the United States », PLoS ONE, 2021.
  7. Lastella M., O’Mullan C., Paterson J. L., Reynolds A. C., « Sex and Sleep : Perceptions of Sex as a Sleep Promoting Behavior in the General Adult Population », Frontiers in Public Health, 2019.
  8. Whipple B., Komisaruk B. R., « Elevation of pain threshold by vaginal stimulation in women », Pain, 1985.
  9. Womanizer, « Womanizer’s clinical study shows masturbation helps against period pain », communiqué de presse, PR Newswire, 2 mars 2021.

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